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Résumé :
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Sachant son goût pour la solitude, une lectrice a offert à François Cheng un séjour dans une maison située sur le Cap de la Chèvre, pointe sud de la presqu'île de Crozon. Seul au bout du monde occidental - lui qui vient de l'Extrême-Orient -, réveillé vers minuit par le bruit de la mer, il sort par cette nuit de pleine lune. Il plonge alors dans une méditation sur la Vie, la Mort, l'Univers, et (dans une seconde partie) sur son propre destin de poète "orphique" - avec une vingtaine de poèmes.
""Voici une des dernières habitations du cap, précise mon hôtesse. On est ici en un point extrême de la terre d'Occident. Au-delà, il n'y a plus rien, que l'océan." Vers minuit, les échos sonores des vagues frappant la paroi rocheuse m'arrachent de mon sommeil. Je me lève et j'écarte les volets. Se précipite sur moi une nuit sans fond au scintillement aveuglant. La pleine lune, là-haut, de tout son pouvoir attractif, est en train de soulever les marées ; elle les lance sans répit à l'assaut de tout. Je reste là, seul, me laissant secouer par le grand ébranlement. En cette nuit inattendue, je suis pris par l'urgence de dire ce qu'il y a de spécifique dans le fait d'être un humain. Je suis pris par cette urgence avant qu'il ne soit trop tard..."
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